Journée de la justice des prisonniers

C’est le 10 août, la journée que les prisonniers ont mis de côté comme un jour de jeûner et refuser de travailler en signe de solidarité pour se souvenir de ceux qui sont morts inutilement en détention; victimes de meurtre, de suicide et de négligence dans les prisons canadiennes.

C’est un jour où des organisations et des individus dans des communautés à travers le Canada organisent des démonstrations, des veillées, des services de culte et d’autres événements de sensibilisation en solidarité avec les prisonniers.

C’est une journée pour sensibiliser le public au taux élevé de femmes emprisonnées pour se protéger contre leurs agresseurs.

C’est une journée pour sensibiliser le public aux droits humains des prisonniers et pour exiger que ces droits, inscrits dans la loi, soient protégés et que le public soit sensibilisé aux conditions inhumaines de détention dans les prisons canadiennes.

 

L’histoire de la journée de la justice des prisonniers

La mort d’Edward Nalon

Le 10 août 1974, le prisonnier Eddie Nalon a saigné à mort dans l’unité d’isolement de la prison à sécurité maximale de Millhaven située à Bath, en Ontario. Eddie purgeait une peine d’emprisonnement à perpétuité et était en isolement depuis le début de sa peine. Eddie s’est suicidé aux petites heures du matin du 10 août. Les preuves ont montré que la lame de rasoir utilisée appartenait au système pénitentiaire et à ses administrateurs.

Le 10 août 1975

Lors du premier anniversaire de la mort d’Eddie, le 10 août 1975, les prisonniers de Millhaven ont refusé de travailler, ont fait une grève de la faim d’un jour et ont tenu un service commémoratif, même si cela signifierait un passage à l’isolement. Beaucoup des chefs présumés de cette manifestation pacifique d’un jour seraient toujours en isolement un an plus tard. Remarque: bien que le refus de manger ou le refus de travailler soient parmi les seules options de protestation pacifique dont disposent les détenus, les deux sont considérés comme des infractions disciplinaires par les administrations pénitentiaires.

La mort de Robert Landers

Le 21 mai 1976, un autre prisonnier est mort dans l’unité d’isolement de la prison de Millhaven. Bobby était très actif et franc dans la lutte pour les droits des prisonniers. Il faisait son temps à la prison à sécurité maximale d’Archambault, près de Montréal, au Québec. Il faisait partie du comité des détenus d’Archambault, où des prisonniers étaient en train d’organiser une grève des prisonniers pour améliorer les conditions à l’intérieur. Bobby a été involontairement transféré à Millhaven juste avant la grève en janvier 1976 et jeté dans le trou. La nuit avant sa mort, Bobby a essayé d’obtenir de l’aide médicale, cependant, les boutons de panique dans les cellules n’avaient toujours pas été réparés. Il voulait voir l’infirmière, qu’on pouvait entendre rire et parler avec les gardiens dans le bureau, au bout du champ de tir. Lui et trois autres prisonniers l’ont tous appelé à venir sur le champ de tir, mais ils ont été ignorés à la fois par l’infirmière et les gardiens. Dans la matinée, ils ont trouvé Bobby mort et une note griffonnée sur son lit demandant une aide médicale et décrivant des symptômes indiquant un problème cardiaque. Lors de l’enquête sur sa mort, il a été déterminé qu’il était décédé d’une crise cardiaque et un cardiologue a confirmé qu’il aurait dû être dans une unité de soins intensifs et non à l’isolement.

Le 10 août 1976

Les prisonniers de la prison de sécurité maximale de Millhaven organiseront une journée de grève de la faim en souvenir de nos deux camarades tombés au combat, EDWARD NALON et ROBERT LANDERS, décédés à Millhaven en isolement (isolement cellulaire) le 10 août 1974 et 21, 1976, respectivement; et en souvenir de tous nos camarades et frères et sœurs des prisons du pays qui sont morts entre les mains d’un système carcéral apathique et de son peuple. Des milliers de prisonniers à travers le Canada ont également participé à la grève de la faim d’une journée tandis que des comités de la Journée de la justice en prison ont été formés au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique pour organiser des événements communautaires afin d’attirer l’attention sur les préoccupations des prisonniers.